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L'Europe reprend un peu d'air mais les nuages ne se dissipent pas
information fournie par Zonebourse 16/10/2026 à 17:54

Au terme de cette dernière séance de la semaine, Francfort s'est distinguée avec un gain de 0,94%, devant Londres ( 0,36%) et Paris ( 0,28%). La semaine aura été marquée par les interrogations croissantes autour de l'IA et le lancement de la saison des résultats. Deux éléments qui n'auront toutefois pas suffi à dissiper les inquiétudes liées à l'inflation et aux tensions obligataires.

Les marchés peuvent souffler (un peu). Après avoir enfoncé le seuil des 7 700 points la semaine dernière, le CAC 40 a repris quelques couleurs ( 2,6% sur la semaine) et peut désormais espérer reconquérir rapidement le seuil symbolique des 8 000 points. Au gong final, l'indice parisien a notamment profité des progressions d'EssilorLuxottica ( 3,83%), Renault ( 3,33%) et Pernod Ricard et Thales ( 2,77%).

Les doutes sur les valorisations des entreprises exposées à l'IA et sur la rentabilité des investissements massifs consentis dans le secteur restent néanmoins bien présents. En témoignent les contractions de Schneider Electric (-1,82%, lanterne rouge du CAC), de BESI (-4,8%) à Amsterdam ou, dans une moindre mesure, de Soitec (-1%) et STMicro (-0,58%).

L'indice SOXX, qui regroupe des valeurs du secteur des semi-conducteurs, abandonne d'ailleurs près de 10% sur la semaine, dans un contexte de rotation sectorielle alimentée par les interrogations sur le retour sur investissement des dépenses colossales engagées dans l'IA.

La semaine a aussi été marquée par les données sur l'inflation américaine, qui est ressortie plus élevée qu'attendu, à 3,7% en septembre, contre 3,4% en août. Les cours du pétrole demeurent par ailleurs élevés, avec un Brent qui évolue autour de 106 USD le baril et un WTI à 96 USD.

Légère détente sur l'obligataire

Après la flambée des dernières semaines, les rendements obligataires marquent le pas : le taux de l'OAT à dix ans évolue autour de 4,77%, après avoir frôlé les 5% en début de mois. L'écart avec le Bund allemand de même échéance se maintient toutefois autour de 137 points de base, signe de la persistance des inquiétudes liées à l'instabilité politique et à la dégradation des finances publiques françaises.

"Pour moi, un spread de 130 à 150 points de base n'a absolument rien d'aberrant", expliquait il y a quelques jours Frédéric Ducrozet, responsable de la recherche macroéconomique chez Pictet WM.

L'économiste ne croit pas à une crise systémique et juge peu probable une intervention rapide de la BCE. Selon lui, l'institution pourrait tolérer un spread supérieur à 150 points de base, tant que son élargissement reste ordonné et ne provoque ni dysfonctionnement sur le marché du repo ni contagion majeure aux autres dettes souveraines européennes.

Il rappelle qu'en 2018, la BCE n'était pas intervenue malgré un spread italien atteignant 300 points de base. Les instruments dont dispose aujourd'hui la banque centrale, associés à la solidité du système bancaire européen, constituent selon lui des garde-fous importants face à une éventuelle aggravation des tensions.

Vers une semaine riche en publications

Peu de statistiques de premier plan sont désormais attendues d'ici la fin du mois. Les investisseurs devraient donc surtout se concentrer sur les publications de résultats, à l'instar d'ABB, EssilorLuxottica, Michelin et Vivendi (mardi), SAP, Iberdrola, Carrefour et Atos (mercredi), Roche, Nestlé, L'Oréal, Hermès, Thales et URW (jeudi), ou encore Safran, Eni, Volvo et Saab (vendredi).

Les investisseurs garderont également un oeil sur les banques centrales, même si, chez RBC, Mark Downing doute que l'une d'elles procède à une hausse des taux lors de sa prochaine réunion. Par conséquent, "cela pourrait offrir une toile de fond plus stable pour les marchés obligataires", estime l'expert. La prochaine réunion de la Fed aura lieu les 27 et 28 octobre tandis que la BCE se réunira le 29 octobre.

Les valeurs en mouvement

Dans l'actualité des sociétés, Eutelsat signe la plus forte progression du SBF 120 en s'adjugeant 17% à la clôture (après 23% mercredi et -11% hier). De son côté, SES progresse de 6,4%, profitant notamment d'un relèvement d'Oddo BHF.

Daniel Kretinsky serait sur le point de conclure un accord définitif avec les créanciers historiques de Casino ( 0,68%), ce qui pourrait mettre fin à près d'un an de bras de fer autour de la restructuration financière du distributeur.

Par ailleurs Airbus ( 2,07%) indique avoir reçu d'Aviation Capital Group LLC (ACG) une commande ferme portant sur 75 appareils de la famille A320neo.

Ailleurs en Europe, Lufthansa (stable) chercherait à se séparer d'actifs non stratégiques et pourrait mettre en vente certains de ses actifs logiciels dans le cadre d'une opération valorisée à près d'un milliard d'euros.

Rheinmetall ( 6,19%) poursuit l'expansion de ses capacités industrielles et a inauguré de nouvelles installations à Albacete (Espagne), représentant un investissement d'environ 20 millions d'euros.

Roche (-0,13%) annonce que la FDA a approuvé son traitement contre la maladie oculaire thyroïdienne. Il devient ainsi le premier et le seul traitement sous-cutané de cette maladie pouvant être administré à domicile par le patient lui-même ou par un aidant.

Enfin, Nordex grimpe de 12,19%, porté par des résultats préliminaires du troisième trimestre 2026 supérieurs aux attentes du marché. Le titre du fabricant allemand d'éoliennes bénéficie également d'une révision à la hausse des prévisions de sa marge d'EBITDA pour l'exercice 2026.

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